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Je m'appelle Mathilde Asensio, je vis et travaille à Talence.

Je suis d'origine chilienne, je suis arrivée en France à l'âge de 2 ans.

J'ai un master en Pratiques artistiques et action sociale, obtenu à l'université Bordeaux Montaigne en 2014. J'ai pu recevoir des enseignements et des conseils de qualité en particulier grâce à Florence Bouvry, Marie Escorne, Pascal Fournigault et Jacques Franceschini. Au cours de ma formation, je me suis spécialisée dans la sculpture et le dessin, et j'ai en parallèle développé un véritable attachement pour la représentation des identités réelles ou inventées, pour la création de projets collaboratifs, et pour l'utilisation de matières et de matériaux recyclés.

Aujourd'hui, j'explore différents procédés et formes expressifs, dont la création et l'activation des masques. Je suis fascinée par tout ce qui touche au visage et à sa physionomie. Je les considère comme les marqueur les plus forts de l'identité humaine : c'est pourquoi le masque apparaît, car c'est un objet qui touche à l'identité du visage, qui la cache et la révèle, et qui permet au porteur une expérience expressive vraiment particulière. Activer un masque permet d’accueillir et d'accepter des paroles et des émotions, de les laisser s'exprimer et de donner corps à son propos tout en recevant une protection par rapport à son environnement. C'est un véritable dialogue entre l'objet et l'homme qui s'instaure, où on dit, on cache, et on fait exister de plus belle. Je partage cette expérience avec différents publics ; amateurs, professionnels, scolaires, associations, publics spécifiques. Le projet Ma[X]aradas est un exemple de la forme de collaboration que je propose.

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Je m'intéresse aussi à la temporalité de l'activation des masques, au avant, au pendant et au après, et je scrute les visages dans tous ces processus d'activation-désactivation. Ce sont les ressentis, les émotions de ce que traversent et ressentent les porteurs que je veux aujourd'hui recueillir par un travail de documentation développé sur différents supports ; écriture, photographie, vidéo, performance.

Je produits également des masques conçus pour et à partir des personnes avec le projet Masque-Portrait ; Le commanditaire répond à des questions inspirées du questionnaire de Proust, et grâce aux informations recueillies, je crée un masque uniquement conçu pour cette personne. La finalité de ce projet, en plus d'un questionnement sur la représentation du portrait, est de constituer une base de donnée de photos d'identités, mais avec le masque photographié à la place du visage.

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Je m'exprime également à travers le dessin. J'interroge la représentation de l'identité et des émotions en traçant des combinaisons de formes et de couleurs au sein de mes supports : Ma production la plus développée à ce jour porte sur la représentation graphique du langage. Ce sujet s'est manifesté lors d'un voyage au Chili. J'ai eu la chance de pouvoir me connecter à une partie perdue et inconnue de mon être qui à fait émerger des sentiments et des sensations très forts. Le dessin est apparu comme un soutien à ces émotions en même temps qu'il constituait une mémoire graphique relié à cette expérience. J'ai continué à développer cette esthétique au cours d'autres voyages, mais aussi en France. Le protocole de création est toujours le même : 

tout commence par une sensation, une émotion ressenties que je connecte à un mot et qui va provoquer la création de son symbole abstrait, composé de lignes et de formes géométriques, systématiquement posées en noir sur fond blanc. Devenu le projet Langage graphique, j'ouvre aujourd’hui ce travail à la collaboration afin de constituer un lexique de pictogrammes.

Une autre volet de mon travail graphique est la création de visages. Je les perçois comme des continuités bidimensionnelles à mes créations de masques. Je crée des identités muettes destinées à nourrir l'expérience du regard. L'essence méditative et contemplative du dessin est très présente dans ce travail. Autant dans le processus que dans l'acte de regarder, je veux que le dessin ait la place d'un objet que l'on pense et que l'on médite, ou le regard peut se perdre mais aussi retracer les figures et les lignes, et imaginer les gestes qui ont amenés à l’œuvre finale. Les dimensions de ces dessins sont moyennes et petites et se rapprochent de l'échelle du visage humain.

 

J'exerce aussi une pratique d'écriture et de chant. Je crée des textes que je mets en musique, tandis que d'autres s'intègrent à mes dessins et à mes projets. L'écriture me permet de soigner les douleurs de mon histoire et de donner forme à ma parole et à mon sens moral. C'est une façon de vivre le politique, de l'exprimer et de figer une partie de moi-même.

 

En tan qu'artiste et citoyenne, je crée à partir de mes perceptions du monde. Au travers des projets et des esthétiques que je développe, j'exprime une multiplicité de choix : des choix de regards, des choix plastiques et esthétiques, des choix de processus et de communication et des choix politiques. J'ai la conviction que l'art doit aider à combiner ces différentes réalités avec des espaces de découverte, de partage, de contemplation, de lâcher-prise et de plaisir.